Les fibres animales

2 septembre 2022 | blog, Savoir-faire

Les fibres animales sont une matière traditionnelle de garnissage des brosses : soies de porcs, crins de cheval, poils de chèvre, poils fins etc. Dotées de propriétés remarquables, elles ont longtemps été les principales fibres utilisées pour tous les types de brosses : de ménage, de toilette, brosses à peindre, brosses industrielles, pinceaux d’art. Difficiles à travailler à la machine et à la main, elles nécessitent des savoir-faire et sont de plus en plus en plus remplacées par les fibres synthétiques.

La soie de porc   

Constitution et propriétés

La fibre animale la plus employée en brosserie est la soie de porc, poil à la fois dur, épais, solide et souple. Constituée d'écailles de kératine, une soie a trois parties : la racine, auparavant dans la peau, le corps, au centre, la fleur, à l’autre extrémité. La fleur, pointue, donne une forme conique à la soie, elle a la particularité d’être fourchue. Cette fourche fait la douceur de la soie.

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Les deux extrémités des soies ont des propriétés qui déterminent leurs sens d’utilisation. Les soies sont employées côté fleur, souple, pour les pinceaux, balais et brosses de ménage. La fleur fourchue permet de ramasser des matières fines, par exemple, les balayettes boulangères ramassent la farine.

Le côté racine est au contraire dur. Très coiffant et pénétrant bien la chevelure, il sert pour les brosses à cheveux.

Ressort, absorption, provenance      

La soie a aussi un ressort, la capacité à revenir droite, qui la rend souple et nerveuse. Le ressort contribue à l’efficacité des brosses. Autre particularité, la soie est creuse, un canal interne lui permet d'absorber et de restituer les liquides. Cette capacité est exploitée pour les brosses à peindre.

Il existe diverses qualités et couleurs de soies : blanches, noires, grises. Les soies et les autres fibres animales proviennent d'animaux d'élevage de pays froids où ceux-ci sont élevés en plein air, et développent un poil long et robuste.

La préparation des soies

 Avant d’arriver en brosserie, les soies subissent des préparatifs complexes. Elles sont nettoyées, lavées, peignées, alignées sur la racine (toutes orientées de ce côté), triées par longueurs dites tirures, mises en bottes. Elles peuvent être redressées (cuites pour être rendues droites), blanchies, teintes.

Ensuite, les soies passent par un préparateur de fibres qui réalisent des mélanges de composition et de longueur spécifique pour chaque type de brosses à fabriquer. Les mélanges sont effectués soit sur des machines à vibrer pour les grandes tirures, soit à la main pour les courtes. Ces procédés mélangent, régularisent, nettoient, placent les soies dans les sens requis : côté racine ou tête-bêche (alternance des côtés racine et fleur). Enfin, les mélanges de soies sont remis en botte. Les fibres animales sont fréquemment mélangées à des fibres synthétiques pour diminuer leur coût.

La préparation des fibres est un métier rare aux savoir-faire anciens. Il est essentiel à la brosserie et existe toujours en France. Les mélanges manuels demandent un tour de main particulier car les soies coniques et glissantes sont difficiles à manipuler.

Les autres fibres animales

Sanglier, crin, chèvre, blaireau

On utilise aussi des soies de sanglier de Calcutta, très fortes et raides, pour garnir des brosses à cheveux, à ongles, des brosses industrielles et des pinceaux d’art.

Le crin de cheval (crinière et queue), moins nerveux que la soie, est fort, droit et résistant. Il permet des garnissages denses. Il sert en brosserie de ménage pour des balais d’intérieur, balayettes, brosses à chaussure (à cirage, à reluire) ; et en brosserie industrielle, notamment pour des brosses d’étanchéité de mécanismes, dans les automobiles etc.

Les poils de chèvre, extrêmement fins, doux et souples, garnissent les brosses à cheveux de bébé, des brosses industrielles (elles nettoient sans rayer), et des pinceaux d’art et de maquillage, notamment les pinceaux à poudre.

Les poils de blaireau, longs, forts, rigides, résistants à l'eau, sont la fibre traditionnelle des brosses de rasage dites blaireau, et ils servent aussi pour les pinceaux d’art et de maquillage.

Les poils fins  

Les poils fins sont les fibres traditionnelles des pinceaux d’art et de maquillage : martre, petit gris, mangouste, chèvre, poney, putois. Leurs propriétés sont incomparables mais ils sont eux aussi remplacés par des fibres synthétiques qui les reproduisent.

Les différents poils fins se caractérisent chacun par un ressort et une capacité de rétention.  Le ressort est décisif pour transmettre les gestes des artistes. Les plus fameux sont la martre pour sa nervosité, sa pointe et son coût exceptionnels ; et le petit gris, poil le plus fin, doux, doté de la plus grande la capillarité. Comme les soies, les poils fins ont une racine, un corps, un ventre et une fleur, celle-ci est unique et non fourchue. Le ventre et la fleur, jamais coupée, permettent de confectionner les pointes des pinceaux.

Une brosse travaille avec ses fibres

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