Brosses et Histoire

La brosse en état de guerre : une exposition de la Fédération Française de la Brosserie, en association avec l'artiste Catherine Videlaine

Saint-Félix (Oise), Moulin - Brosserie,

8 avril - 1er Juillet 2018

Quels sont les liens entre la Grande Guerre et la brosserie ?

En 2018, la Fédération Française de la Brosserie a commémoré la fin de la Première Guerre mondiale en mettant en lumière un aspect peu connu de la vie quotidienne des soldats : les cinq brosses réglementaires, indispensables à l’entretien de leur équipement.

Leur havresac contenait une brosse à habits, une brosse à boutons, une brosse double à chaussures, une brosse à reluire et une brosse d’armes. Mais pas encore de brosses à dents, un achat personnel !

Les brosses des poilus ont fait l’objet d’une étude de la Fédération Française de la Brosserie et d’une exposition au Moulin Musée Brosserie de Saint-Félix (Oise). Les recherches ont été menées dans les archives et les musées.

L’exposition a fait le lien avec les brosses actuelles en montrant les brosses de même type, toujours fabriquées en France. La mini-exposition de la Fédération complétait la présentation.

Les modèles de brosses des poilus sont-ils toujours fabriqués ?

La brosse à habits et les deux variétés de brosses à chaussures (à reluire et double) sont toujours produites. La brosse double à chaussures est d’ailleurs parfois appelée brosse militaire ou brosse décrottoir. Elle comporte un côté de fibres noires pour décrotter et un côté de fibres claires, pour cirer. L’extrémité du manche comporte un biseau, aussi pour décrotter.

On trouve mention des brosses à habits et à chaussures dans les armées au moins depuis le 18eme siècle. La brosse d’arme servait à nettoyer celle-ci mais non l’intérieur du canon, cette brosse et celle à boutons ne sont plus utilisées, cette dernière depuis les années 1930-1940.

Existe-t-il encore des brosseries ayant fourni l’armée ?

L’armée, propriétaire des brosses, les remettait aux soldats, elles étaient inscrites dans le livret militaire et matriculées (numérotées). Les soldats les rendaient à l’armée.

Compte tenu du nombre de mobilisés, ces brosses représentaient des marchés importants. Elles figurent dans les catalogues des brossiers avec les accessoires complémentaires : le martinet pour battre les uniformes, la patience, planchette en bois fendue pour glisser les boutons et les cirer avec la brosse.

De nombreuses brosseries ont approvisionné l’armée. L'une d'entre elles existe toujours, la brosserie Savy aujourd’hui brosserie à peindre et autrefois brosserie de ménage.

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Brosses-et-poilus

Pourquoi le Moulin-Musée de Saint-Félix ?

Le Moulin-Musée de Saint-Félix est un site majeur du patrimoine industriel brossier de France et de l’Oise. Ce département est le berceau de la cette industrie depuis la fin du 18eme siècle et toujours la principale région brossière de France. Le moulin-musée occupe l’ancienne brosserie Autin, il a conservé sa roue hydraulique et ses machines. Ce lieu de mémoire permet de découvrir la fabrication des brosses et les conditions de travail des brossiers, ouvriers et patrons, au 20eme siècle. Durant la Première Guerre, situé à moins de 100 km du front, la ville de Saint Félix a été zone des armées et de cantonnement. 34 ouvriers brossiers ont été mobilisés.

Des brosses d’hier à l’art d’aujourd’hui

Pendant toute l’exposition, le Moulin-Musée a accueilli les installations, performances et œuvres d’un groupe d’artistes réunis autour de Catherine Videlaine (1). Cette plasticienne a mené de 2014 à 2019 dans de nombreux lieux, un projet d’envergure sur la guerre de 14-18 : les Mises à feu de champs de bataille miniatures et d’allumettes-soldats sacrifiés. Les œuvres créées ont utilisé des brosses et rendu hommage aux soldats brossiers. Autour du moulin, ont poussé des tranchées de fibres brossières, des écouvillons géants comme autant de canons etc. Une brosse a été décorée de la croix de guerre pour service fidèle, des coquelicots ont poussé dans les fibres d’un balai comme sur un champ de bataille.

(1) Marie Barbé, Marie-France Casellas, Zandrine Chiri, Vincent Curly, Régine Lanoë, Mary-Boo.

"Du ménage à l’art" -  l'exposition qui vous dévoile les secrets de la brosserie.

En avril 2014, la Fédération Française de la Brosserie célébrait ses 150 ans en présentant une exposition totalement inédite à Paris intitulée « Du ménage à l’art ».

Un patrimoine vivant, méconnu

La brosserie est un secteur d’activité diversifié, produisant en France un objet utile, pérenne, aux applications nombreuses. Les brosses restent paradoxalement connues et méconnues. L’exposition avait donc pour but d’aller à la rencontre du public. Brosses, objets et documents patrimoniaux des brossiers, productions actuelles de tous les secteurs de l’activité brossière étaient au rendez-vous.

De La Capelle dans l'Aisne au Ministère de l’Économie à Bercy, de Fribourg à Dinkelsbühl en Allemagne, la rencontre s’est prolongée. Le capital-sympathie des brosses "made in France" s’est confirmé à chaque étape.

Nous avons conçu l'exposition pour être itinérante dès l’origine. Après une première à Paris, elle a pu ensuite être transportée et remontée plusieurs fois pour être vue par plus de 48.000 visiteurs enthousiastes.

L'exposition "Du Ménage à l'Art" est née d’une aventure collective et de l’implication de tous les adhérents de la Fédération Française de la Brosserie. Son succès est le fruit d’une sélection rigoureuse des objets, opérée par notre commissaire d’expositions, Madame Muriel Rousseau ; et de la scénographie originale et réussie de notre directrice artistique Madame Pauline Ricard-André.

L’exposition a été récompensée par le premier Prix « Coup de cœur du jury » des trophées du Cedap, remis par M. Raymond Soubie en 2014.

L'exposition-au-ministere-de-l'economie
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