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La fabrication des brosses

Exposition Du menage a l'art- etapes-de-fabrication

Fabriquer une brosse ou comment assembler des fibres sur des montures ?

Fabriquer une brosse consiste à assembler des fibres et une monture, à la main ou à la machine. La fabrication des brosses comprend :

  • la préparation des montures (les montures en polymères sont injectées dans des moules, celles en bois sont tournées en menuiserie),
  • le perçage,
  • le garnissage ou empoilage,
  • les finitions, contrôles et conditionnement.

Le perçage et le garnissage sont effectués en parallèle sur une même machine. Un forêt perce une monture vierge, un inséreur amène une touffe de fibres, la plie et, à la manière d'une machine à coudre, l'insère avec un morceau de fil métallique dans les trous d'une monture percée.
Le fil métallique se fiche dans la monture et fixe les fibres, grâce à un élément d'assemblage qui peut être soit une ancre, un minuscule carré, pour les brosses de petite taille telles les brosses à dent ; soit une boucle ou agrafe, pour les brosses plus grosses.

Les fibres sont ensuite tondues, peignées, celles des brosses à dent sont meulées pour ne pas blesser. Les fibres synthétiques peuvent être effilées (épointées), fleurées, coupées à leur extrémité dans le sens de la hauteur pour former une pointe multiple.

Machines et montage manuel

La brosserie est l'aboutissement d'un siècle de mécanisation intense.

A la fin du 19ème siècle, une première étape est franchie avec la machine à présenter qui ne réalise que le garnissage : un ouvrier présente une monture percée devant un inséreur.  Au 20ème siècle, se sont succédées les machines semi-automatiques à percer et monter qu'un ouvrier guide ; les machines automatiques à percer et monter où un ouvrier place et retire les montures ; puis dans les années 80 la numérisation et la robotisation de toutes ces étapes.
Le montage main est toujours pratiqué pour les brosses de toilette de luxe et les brosses industrielles particulières, impossibles à fabriquer mécaniquement.

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Le montage "main"

Avant le montage, les montures des brosses sont :
- soit percées de part en part,
- soit percées verticalement au deux-tiers, puis contrepercées longitudinalement.

Le contreperçage manuel, opération virtuose, consiste à percer la monture dans sa longueur, avec un foret souple, pour relier les trous verticaux. Les trous horizontaux permettent à la monteuse d’introduire un fil plié en deux. Puis dans les trous verticaux, elle attrape le fil au crochet, forme une boucle, passe une touffe (quantité exacte de fibres pour combler le trou) et la tire dans le trou. Le processus est répété à chaque trou et comble, boucle après boucle, le corps de la brosse.
Pour les montures de la brosserie fine ou de toilette, le brossier utilise Plexiglas, rhodoïd, bois précieux et autres matériaux naturels. Une fois sciée, l’ébauche est façonnée à la main - voir montures.
Cette fabrication permet de travailler sur des supports fragiles, respectant une qualité extrême ; et également de « regarnir » la brosse, une fois usée pour en rallonger la durée de vie.
Ces opérations peuvent être réalisées par des non-voyants.

Les montures

Les matières premières des montures de brosses sont des matières dures, régulières, supportant le perçage mécanique, majoritairement végétales (bois) ou synthétiques. Les métaux sont aussi employés pour les manches à balais et surtout pour les brosses industrielles. Le répertoire des formes de montures, notamment de brosses de ménage, de toilette, de pinceaux, est assez établi même s'il donne lieu à des variations.

Montures de brosses à main en bois

Le bois est la matière traditionnelle des montures appelées aussi bois de brosses. La principale essence utilisée est le hêtre, bois autochtone, courant, résistant, qui ne craint pas l'eau et sèche vite. Il convient notamment aux brosses de ménage, de toilette, et aux brosses à peindre (pinceaux pour le bâtiment) qui seront mouillées. L'hévéa sert aussi pour les brosses de ménage et les brosses à peindre. Le pin maritime ou pin des Landes (pinus pinaster), rectiligne, fournit des manches à balais. De nombreuses autres essences ont aussi été utilisées : aulne, bouleau, chêne, frêne, peuplier etc. Des essences exotiques aux qualités esthétiques (olivier, citronnier, bubinga, sappelli, avodiré) servent pour les brosses de toilette. L'ébène et le palissandre sont réservés aux brosses montées à la main (principalement de toilette) car, une fois leurs soies usées, la monture peut être conservée et regarnie. Les brosseries et les fabricants de bois de brosses s'orientent vers des bois issus de forêts gérées de façon durable, certifiés PEFC et FSC.

La fabrication des montures en bois, autrefois effectuée dans les brosseries, est aujourd'hui majoritairement réalisée par des fabricants de bois de brosses spécialisés qui utilisent des techniques de menuiserie, de tournage sur bois etc. Dans des planches débitées en morceaux, les montures sont tracées, découpées, façonnées etc. La préparation des montures de brosses haut de gamme (brosses de toilette, brosses à habits, à chaussures) demande un savoir-faire particulier et nécessite une quinzaine d'opérations, celles de finissage sont minutieuses : ponçage, polissage, lustrage, teinture, vernissage.

Les montures synthétiques

Comme pour les fibres, les montures en matières de synthèse dites plastiques remplacent de plus en plus les matières naturelles pour des raisons de coût, d'approvisionnement, de régularité, et aussi de possibilités d'innovations. Les polymères les plus utilisés sont les thermoplastiques : le polypropylène (PP), le polychlorure de vinyle (PVC), le polyamide (PA) et le polytéréphtalate d'éthylène (PET) recyclé.

Les montures en plastique servent pour tous les types de brosses : de ménage, de toilette, brosses à peindre, pinceaux d'art, brosses industrielles. Associées aux fibres synthétiques, les plastiques ont fait évoluer l'esthétique des brosses, leurs couleurs. Ils ont permis de travailler l'ergonomie des montures, leur design, leur toucher, et d'ajouter des fonctions, par exemple de munir une brosse d'un grattoir

Ces montures sont fabriquées en plasturgie par injection de granulés de polymères dans des presses à injecter équipées de moules à la forme des montures. La bi-injection de deux polymères aux propriétés différentes produit les montures bi-matières. Certains fabricants de brosses ont intégré l'injection de leurs montures.

Brosse-habits-1950

Les fibres : des matières premières aux origines variées et insolites

Une des spécificités de la brosserie réside dans ses matières premières de garnissage : les fibres, nombreuses et singulières. Elles sont soit des végétaux des pays chauds, soit des animaux des pays froids, soit des métaux et synthétiques des pays tempérés. Leurs propriétés variées permettent de créer des brosses pour différents usages, selon leur degré de résistance à l'usure, l'eau, la chaleur, aux produits chimiques.

Les fibres sont choisies par le fabricant en fonction de l'objet à traiter, sa matière, sa forme, sa surface et le but recherché. La densité des fibres et leur disposition faisant varier leurs effets, leur choix est décisif puisqu'une brosse travaille avec son extrémité.

Les matières naturelles, végétales ou animales, ont la particularité de nécessiter des préparations importantes, en amont de la brosserie. Ces tâches constituent des métiers à part en entière, en amont de la brosserie. Les fibres sont récoltées, nettoyées, peignées, mélangées, mises en bottes, expédiées.

Malgré l'apparition des fibres synthétiques, les matières naturelles conservent des propriétés incomparables même si elles restent irrégulières et difficiles à travailler mécaniquement. Les différentes fibres peuvent être mélangées entre elles pour des raisons techniques ou économiques. En brosserie, la longueur des fibres utilisées est appelée tirure.

Brosses-matieres-vegetales

Pour la "garniture" ou partie fibres : le végétal est à l'origine des brosses

Les végétaux sont à l'origine même des mots brosses et balais. Apparus au 12ème siècle, balain nomme un faisceau de genêt, broce des broussailles, ils deviennent des objets aux 13ème et 14ème siècles. Balai viendrait du breton balazn, genêt, sens conservé dans le centre et le sud de la France. Brosse viendrait du latin bruscia et bruscum, pousse d’arbre, excroissance.

Les différents végétaux utilisés comme fibres depuis le 19ème siècle proviennent principalement de pays tropicaux à deux saisons, l'une sèche où la plante se gorge d'eau, l'autre humide où elle développe des structures de stockage denses. Toutes sont résistantes à l'usure et l'humidité.

Pour fabriquer une brosse, on utilise des plantes de pays tropicaux qui, adaptées aux conditions climatiques locales, fournissent des fibres très résistantes à l'usure et à l'humidité.

Les principales sont :

- l’arenga, la bassine, le piassava, issus de différents palmiers, sont des fibres très résistantes et supportant les liquides. Elles sont idéales dans les utilisations extérieures,

- le chiendent, tiré de la racine de la plante du même nom, est très solide et résistant à l'eau. Ondulé, il retient l'humidité et sert pour les lave-pont et autres brosses à laver,

- le coco, prélevé sur l'enveloppe de la noix de coco, retenant les salissures, est utilisé dans la fabrication des balais et balayettes,

- la "paille de riz ", qui est en réalité une tige de sorgho,

- le tampico, tiré de feuilles d'agave, est fin, souple et résistant à la chaleur et à l'eau. Il est utilisé dans la fabrication des brosses à récurer, à vaisselle ; ainsi que dans celles des brosses industrielles de polissage, là où la résistance à la chaleur est importante et de brosses à peindre.

L'ensemble de ces fibres végétales peuvent être également traitées ensemble et constituer alors des "mélanges" pour optimiser rigidité et résistance de vos brosses.

Matieres-premieres-animales-brosses

 Les fibres animales

La matière brossière principale est la soie (poil dur et épais) du porc. Solide et souple, ce poil se compose d'écailles de kératine et possède une racine (auparavant dans la peau), une extrémité (fleur) fourchue, et un ressort ou résilience, autrement dit la capacité à revenir droite. L'extrémité multiple, fourchue, de ce poil en fait sa douceur. La soie est conique et creuse, elle possède un canal interne et c'est ce qui lui permet d'absorber et de restituer les liquides. Il existe différentes qualités et couleurs de soies et on utilise aussi des soies de sanglier.

Les soies subissent une préparation complexes : elles sont nettoyées, lavées, peignées, alignées sur la racine (toutes orientées de ce côté), triées par longueurs ou tirures, mises en bottes. Elles peuvent être redressées (cuites pour être rendues droites), blanchies, teintes. Les soies sont utilisées côté racine, dur, pour les brosses à cheveux ; côté fleur, souple, pour les pinceaux, balais et brosses de ménage.

Les autres matières animales utilisées en brosserie : du crin de cheval (crinière et queue), des poils de chèvre (matériau parmi le plus souple utilisé pour les pinceaux de maquillage par exemple), de blaireau (dont les pointes arrondies sont parfaites pour les visages) ; et des poils fins pour les pinceaux d’art et de maquillage, aux qualités inégalables. Les poils fins possèdent également  une racine, un corps, un ventre mais une fleur - unique - ce qui les distingue des soies, fourchues. Le ventre et la fleur, jamais coupée, permettent de confectionner des pointes de ces pinceaux qui "font la pointe". Chaque type de poils fins présente des qualités différentes de souplesse, douceur, finesse… et sont soigneusement choisis pour leurs qualités.

Les fibres métalliques

Les fibres métalliques sont essentiellement utilisées pour les brosses techniques : brosses à main, brosses d'outils électroportatifs et de machines. Les principaux métaux employés sont l'acier (doux, trempé, laitonné, inoxydable), le laiton, le bronze.

L'acier est utilisé sur de nombreux matériaux (métaux, bois, pierre), l'acier inoxydable pour les métaux non ferreux, les usages alimentaires ; le laiton sur le laiton, les métaux non ferreux ; le laiton et le bronze, qui ne produit pas d'étincelles, en milieux dangereux. Pour moduler les propriétés des métaux, les fils peuvent être droits, plats, ondulés, torsadés, toronnés (tordus ensemble pour former un câble), de différents diamètres, réunis en mèches au nombre de fils variables. Ils servent principalement pour des opérations d'abrasion à différents degrés : nettoyer, décaper, ébavurer, polir, satiner etc.

Les fibres synthétiques

Les synthétiques fournissent à la fois des fibres et des monture. Ils jouent un rôle important dans la brosserie et constituent son domaine d'innovations techniques et d'évolutions esthétiques.

Depuis les années 80, ils ont pris leur essor avec l'injection de polymères dans des moules, procédé dominant pour la production d'objets de grande consommation. Depuis, la bi-injection permet les montures bi-matière, notamment de brosses de ménage, de toilette, de bosses à dent et pinceaux. Elle permet de combiner les propriétés, textures, couleurs, de développer l'ergonomie, le design.

Les fibres synthétiques ont débuté avec le nylon, inventé en 1935 aux Etats-Unis par DuPont de Nemours, sa première application a été la brosse à dent et ont peu à peu gagné toute la brosserie. Leur approvisionnement est facile, elles sont économiques, régulières, plus aisées à travailler que les matières naturelles et moins soumises aux aléas  géopolitiques.

Une dizaine de fibres synthétiques est employée :

  • le polychlorure de vinyle (PVC),
  • polypropylène (PP),
  • polyéthylène (PE),
  • polyester (PET, PBT),
  • polyamides (PA),
  • les différentes variétés de nylon etc.
fibres-synthetiques-brosses

Leur diamètre peut varier, ces fibres peuvent être creuses (gain de poids), abrasives (avec des grains d'aluminium, silicium, céramique), alimentaires (adaptées à ce contact et incluant des particules de métal détectables). Des fibres spéciales (Rilsan, Pekalon ...) résistantes à la chaleur, aux produits chimiques, aux contraintes mécaniques, permettent de répondre à des usages particuliers.

Leurs applications et caractéristiques techniques et résistance chimique sont à consulter :

La Fédération Française de la Brosserie
11 rue de l'Arsenal
75004 Paris
01 48 87 67 77
accueil@ffbrosserie.com